Tout d'abord, le titre : X&Y. Chris Martin s'explique : "Dans les mathématiques, X et Y sont toujours les réponses, mais dans la vie personne ne les connaît. Pour moi, cette album est à propos des questions sans réponses, et de ce que l'on pourrait faire sur le fait qu'on ne peut expliquer toutes les variables inconnues". Plus que cela, cet album est un réel questionnement sur les relations humaines, particulièrement les relations hommes/femmes, comme on peut le voir dans les paroles, notamment What If et X&Y.
Cependant, cette opposition n'est pas présente dans la composition même des morceaux, qui concilient partie acoustique et guitares électriques, comme on peut le constater à l'écoute de A Message, qui rappelle les anciennes chansons du groupe, tout en mettant en lumière la nouvelle orientation musicale qu'a pris Coldplay.
En effet, tout en conservant le son qui les caractérise, nos quatre anglais ont évolué vers un son plus électronique, avec un synthé présent sur la majorité des morceaux, ainsi que diverses influences New Wave à la Depeche Mode (qu'on peut notamment entendre sur Low), ou bien Krafwerk, avec un clin d'½il au riff de Computer Love sur Talk. Ce nouveau son est d'emblée palpable avec Square One qui ouvre le bal, mariant intro synthé/batterie-boîte à rythme, rock claquant et outro acoustique, mais qui utilise le sillon déjà creusé par Politik, c'est-à-dire une entrée en matière plutôt énergique.
On peut d'ailleurs constater à l'écoute de X&Y que le groupe n'a pas trop pris de risque comme il l'avait fait entre Parachutes et A Rush Of Blood To The Head, s'armant de tout ce qui a pu faire leur succès par le passé, et l'amplifiant au possible : les violons sont présents sur quasiment tous les morceaux, ainsi que le fameux piano qui aura fait la gloire de Trouble, The Scientist ou prochainement What If. Il en est de même pour la guitare, qui s'oriente tout de même vers un son plus oriental, son qu'on avait pu entrevoir sur Daylight, et qui perdure sur X&Y. Cette non prise de risque est particulièrement flagrante avec Speed Of Sound, premier single de l'album, et aussi une copie conforme d'une certaine Clocks.
Ainsi, Coldplay a su tirer profit de ce qui a fait le succès A Rush Of Blood To The Head, et exploite ce gain sur X&Y. Mais peut-être à outrance : plutôt que de rester dans cette pop-rock qui les caractérise (et qu'ils maîtrisent très bien), certains morceaux prennent la tournure d'un opéra-rock, (Fix You) notamment dû à l'utilisation incessante du synthé et des violons, et d'une voix qui a certes grandement évoluée, mais qui s'apparente dangereusement à son homologue britannique Thom Yorke (Radiohead). Un bon album en somme, mais qui ne dépasse malheureusement pas ses grands frères.


